Depuis 2008, l'Africa Eco Race perpétue l'héritage du mythique Paris-Dakar originel, celui imaginé par Thierry Sabine. Contrairement au Dakar moderne qui a migré vers l'Amérique du Sud puis l'Arabie Saoudite, cette épreuve reste fidèle au continent africain et à l'esprit d'aventure des premières éditions. Organisée sous la direction de Jean-Louis Schlesser, ancien vainqueur du Paris-Dakar, cette course a été initiée par René Metge pour offrir aux passionnés un rallye raid authentique.
Le parcours relie Monaco au lac Rose de Dakar, traversant le Maroc, la Mauritanie et le Sénégal sur environ 6 000 kilomètres d'épreuves chronométrées. L'édition 2025 a confirmé l'intérêt croissant des constructeurs pour cette course, avec une bataille acharnée entre différentes philosophies de machines : trails multicylindres issus du commerce contre monocylindres rallye replica. Une particularité unique qui fait tout le sel de l'épreuve et permet à chacun de trouver sa place, du pilote amateur au professionnel confirmé.
L'Africa Eco Race représente aujourd'hui une vitrine exceptionnelle pour les constructeurs souhaitant démontrer la robustesse et les capacités de leurs gros trails en conditions extrêmes, comme l'ont prouvé Aprilia, Yamaha et même Harley-Davidson lors de la dernière édition.
Les caractéristiques de l'épreuve
Le parcours et le format de course
L'Africa Eco Race se déroule sur une douzaine de jours, avec un départ depuis Monaco où s'effectuent les vérifications techniques et administratives. Les concurrents traversent ensuite la Méditerranée pour rejoindre le continent africain et entamer leur périple à travers trois pays : le Maroc, la Mauritanie et le Sénégal. Le parcours totalise environ 6 000 kilomètres de course chronométrée, répartis sur 11 à 12 étapes.
Lors de l'édition 2025, une étape a dû être annulée en raison d'une tempête de sable, illustrant les conditions extrêmes auxquelles sont confrontés les participants. L'arrivée finale se fait traditionnellement sur les rives du mythique lac Rose à Dakar, bouclant ainsi la boucle historique du rallye originel.
Les catégories de motos engagées
L'une des particularités majeures de l'Africa Eco Race réside dans sa mixité technique. L'épreuve accepte aussi bien les monocylindres rallye replica (KTM 450 Rally, Gas Gas, Husqvarna, Kove 450 Rally) que les trails multicylindres sans limitation de cylindrée. Cette ouverture permet une confrontation unique entre différentes philosophies de préparation.
| Type de moto | Exemples | Avantages |
|---|---|---|
| Monocylindres Rallye | KTM 450 Rally, Husqvarna 450 Rally, Kove 450 Rally | Légèreté, agilité, optimisées pour le rallye |
| Trails bicylindres | Aprilia Tuareg 660, Yamaha Ténéré 700, Suzuki V-Strom 800 DE | Couple, confort, base commerciale accessible |
| Gros trails | KTM 890 Adventure R, Harley-Davidson Pan America, Kove 800 X Rally | Puissance, autonomie, stabilité |
Les motos préparées par les teams officiels
Les constructeurs engagent des machines soigneusement préparées tout en conservant une base commerciale reconnaissable. Les Aprilia Tuareg 660 bénéficient de modifications et de renforcements substantiels pour optimiser la performance dans la durée, tout en capitalisant sur la légèreté naturelle du modèle et l'efficacité de son bicylindre parallèle.
Les Yamaha Ténéré 700 profitent de la préparation GYTR (Genuine Yamaha Technology Racing) et d'un écosystème complet de pièces de préparation disponibles chez différents fournisseurs. Bien que plus lourde, la T7 offre une ergonomie adaptée et une mécanique réputée fiable.
Cas exceptionnel, la Harley-Davidson Pan America engagée par Joan Pedrero était quasiment d'origine : pas de modification des suspensions, jantes en 19/17 pouces de série, guidon d'origine conservé. Un défi technique relevé avec brio par le constructeur américain pour démontrer la robustesse de son trail flagship.
Les favoris et équipes en lice
La domination du duo Aprilia-Yamaha
Depuis deux ans, l'Africa Eco Race assiste à une confrontation passionnante entre deux équipes structurées : le team Aprilia italien et l'équipe Yamaha Ténéré Spirit dirigée par Marc Bourgeois. Cette rivalité a atteint son paroxysme lors de l'édition 2025 avec un finish haletant entre Jacopo Cerutti (Aprilia) et Alessandro Botturi (Yamaha).
Cerutti, vainqueur en 2024 et reconduit avec le numéro 1 en 2025, a démontré une maîtrise totale de son Aprilia Tuareg 660. Il a remporté l'épreuve avec seulement 23 secondes d'avance sur son rival après 6 000 kilomètres de course, un écart dérisoire qui témoigne de l'intensité de la lutte. Botturi, sur sa Yamaha Ténéré 700, aurait pu l'emporter sans un incident mécanique lors de la dernière étape : du filet plastique emmêlé dans sa roue avant lui a coûté la victoire. Marco Menichini a complété le tableau d'Aprilia en prenant la 6ème place.
L'équipe Yamaha a bénéficié d'un coup de projecteur exceptionnel avec la présence de Stéphane Peterhansel, légende vivante du rallye raid (14 victoires au Dakar), venu accompagner les pilotes du team Ténéré Spirit durant quatre étapes en parallèle de la course. Une caution prestigieuse qui souligne l'importance accordée par Yamaha à cette épreuve.
Les outsiders et révélations
Le podium 2025 a été complété par un Français, Guillaume Borne, qui a décroché la 3ème place sur le fil lors de la dernière journée au guidon d'une Husqvarna 450 Rally Replica monocylindre. Une belle performance pour ce pilote amateur qui a su tirer son épingle du jeu face aux équipes officielles.
Joan Pedrero a réalisé l'exploit de l'édition avec sa Harley-Davidson Pan America 1000. Terminer 8ème au général avec une moto de 250 kg quasiment d'origine relève de la prouesse, surtout face aux machines ultraspécialisées. Le gabarit imposant de l'Espagnol (1m90, 100 kg) et son expérience au Dakar avec Sherco ont certainement joué en sa faveur, mais cette performance démontre l'incroyable capacité de la Pan America en conditions extrêmes.
Parmi les pilotes français, on note la belle 17ème place d'Eric Bernard, ex-champion de France et du monde d'enduro, sur KTM 890 Adventure R. Thierry Traccan, rédacteur en chef de Moto Revue, a franchi la ligne en 24ème position sur Yamaha Ténéré 700, tandis que Christophe Meillat terminait 28ème également sur T7.
Le bilan des gros trails à l'arrivée
Sur environ 100 motos engagées au départ, 60 ont été classées à l'arrivée. Le gros du peloton était constitué de motos de rallye spécialisées (KTM, Gas Gas, Husqvarna et Kove 450 Rally), mais une quinzaine de gros trails issus du commerce ont réussi l'exploit d'atteindre le lac Rose.
Cette réussite démontre la fiabilité et les capacités des trails modernes face à une épreuve qui mise avant tout sur l'exploit d'arriver à son terme. Les Yamaha Ténéré 700 ont été particulièrement nombreuses à franchir la ligne, confirmant la réputation de robustesse de ce bicylindre parallèle de 689 cm³. Les Aprilia Tuareg ont brillé en performance pure, tandis que des modèles comme la Suzuki V-Strom 800 DE et la Kove 800 X Rally ont également prouvé leur endurance.
Points forts de l'épreuve
- Authenticité préservée : tracé fidèle à l'esprit du Dakar originel à travers l'Afrique
- Mixité des machines : confrontation unique entre monocylindres rallye et trails multicylindres
- Accessibilité relative : ouverture aux pilotes amateurs avec des motos du commerce
- Intérêt des constructeurs : vitrine technique et marketing exceptionnelle
- Parcours mythique : de Monaco au lac Rose de Dakar, 6 000 km d'aventure
Les défis de la course
- Conditions extrêmes : températures élevées, tempêtes de sable possibles
- Navigation complexe : orientation dans le désert et terrains variés
- Exigence mécanique : fiabilité mise à rude épreuve sur 6 000 km
- Engagement physique : 11 à 12 étapes consécutives demandent une condition optimale
- Logistique importante : assistance, pièces de rechange, carburant à gérer
L'Africa Eco Race, le rallye raid qui a du sens
L'Africa Eco Race s'impose aujourd'hui comme l'alternative crédible et authentique pour tous les passionnés de rallye raid souhaitant retrouver l'esprit du Dakar originel. En restant fidèle au continent africain et au tracé historique reliant l'Europe à Dakar via le Maroc et la Mauritanie, l'épreuve organisée par Jean-Louis Schlesser offre ce que beaucoup de puristes recherchent : l'aventure, le dépassement de soi et la confrontation avec des conditions réelles d'Afrique.
L'édition 2025 a démontré la montée en puissance de cette course avec l'implication croissante des constructeurs. La bataille Aprilia-Yamaha promet de s'intensifier pour 2026, d'autant que la victoire de Cerutti avec seulement 23 secondes d'avance prouve que tout reste possible jusqu'au dernier kilomètre. L'arrivée d'Harley-Davidson avec Pedrero pourrait également inspirer d'autres marques à tenter l'aventure avec leurs gros trails.
Pour les amateurs, l'Africa Eco Race représente une opportunité unique de participer à un vrai rallye raid africain avec une moto du commerce bien préparée, comme l'ont prouvé les 60 arrivants dont une quinzaine sur des trails bicylindres ou gros cubes. Que vous soyez attiré par la performance pure avec une Aprilia Tuareg, la fiabilité éprouvée d'une Yamaha Ténéré 700 ou même l'audace d'une Harley-Davidson Pan America, l'épreuve offre sa place à chaque philosophie.
Rendez-vous en 2026 pour une nouvelle édition qui s'annonce encore plus disputée, avec l'espoir de voir d'autres constructeurs rejoindre l'aventure et de nouveaux talents émerger sur ce rallye qui redonne ses lettres de noblesse au raid africain authentique.
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