Africa Eco Race 2026 : Cerutti prend les commandes après une étape mouvementée

La quatrième étape entre Assa et Khnifiss a redistribué les cartes. Jacopo Cerutti s'impose en moto grâce à une navigation parfaite, tandis que Botturi perd gros suite à une panne.

Africa Eco Race 2026 : Cerutti prend les commandes après une étape mouvementée - Africa Eco Race

La quatrième spéciale de l'Africa Eco Race 2026 a tenu toutes ses promesses en matière de suspense et de retournements de situation. Entre Assa et Khnifiss, les concurrents ont affronté 487 kilomètres dont 483 chronométrés, dans des conditions techniques exigeantes. Le parcours, alternant pistes rapides mais abrasives, zones ensablées et navigation particulièrement piégeuse en fin d'étape, a mis à rude épreuve pilotes et machines.

Cette portion proche de l'océan Atlantique ne présentait pas les cordons dunaires habituels, mais les trajectoires escarpées et traîtresses ont exigé une vigilance de tous les instants. La navigation s'est révélée être l'élément clé de cette journée, départageant les stratèges des fonceurs.

Catégorie Moto : Cerutti maître tacticien, Botturi victime de la malchance

Jacopo Cerutti sur Aprilia décroche une victoire stratégique en bouclant l'étape en 5h14'32. L'Italien devance Antonio Maio de 3 minutes 54 secondes et Gautier Paulin de 4 minutes 11 secondes. Le groupe de pointe, constitué notamment de Thomas Marini, Jean-Loup Lepan et Kevin Gallas, a parcouru ensemble de longues portions du secteur final.

Le pilote Aprilia a brillamment exploité sa position, restant en embuscade derrière Lepan avant de profiter d'une erreur de navigation collective pour s'échapper vers la ligne d'arrivée. Cette tactique payante lui permet de s'emparer de la tête du classement général.

Le drame du jour concerne Alessandro Botturi, double lauréat de l'épreuve, frappé par une défaillance électrique à seulement 7 kilomètres du but. Immobilisé durant plus d'une heure, le pilote italien a finalement été secouru par son coéquipier Yamaha Nicolas Charlier qui l'a tracté jusqu'à l'arrivée.

J'ai subi une panne électrique alors que j'étais juste derrière le groupe de tête. Un grand merci à Nicolas, il fait sa course et s'arrête pour moi, alors que plusieurs pilotes sont passés pendant l'heure où j'ai été à l'arrêt. - Alessandro Botturi

Jean-Loup Lepan a reconnu les difficultés rencontrées en navigation, estimant avoir parcouru au moins 25 kilomètres supplémentaires. Le pilote français explique avoir entraîné le groupe sur une mauvaise trajectoire en fin d'étape, cherchant le bon itinéraire sur un schott, permettant ainsi à Cerutti de les rattraper et de trouver immédiatement le cap correct.

Au classement général moto, Cerutti s'installe en tête, Antonio Maio grimpe à la deuxième place tandis que Jean-Loup Lepan conserve le troisième rang du podium provisoire.

Auto et SSV : domination belge et changements majeurs

La catégorie Auto a offert un podium 100% belge avec la victoire de Nicolas Delencre sur Optimus en 4h45'30. Pol Van Pollaert, également sur Optimus, termine à 11 minutes 03 secondes malgré deux crevaisons, devant Christian Femont sur Mini Cooper X Raid à 12 minutes 52 secondes.

Delencre a souligné l'excellence du travail de navigation effectué avec son copilote Jonathan Lurquin, privilégiant les notes du roadbook plutôt que de suivre aveuglément les traces. Au général Auto, Pol Van Pollaert s'empare du leadership devant Christian Femont et Philippe Lambilliotte.

Chez les SSV, le tenant du titre Pierre Lafay a subi un coup d'arrêt brutal avec une importante casse mécanique dès la première partie de spéciale. Relégué à la 11ème place à plus d'une heure du vainqueur, il sort du podium provisoire.

Sanders Derickx remporte l'étape devant Martin Benko à plus de 10 minutes et Eric Bernard à 17 minutes. Au général SSV, Benko prend la tête, suivi de William Grarre à près de 27 minutes et Jérome Cambier à 30 minutes.

Camions et Historic : Zuurmond intouchable

Gerrit Zuurmond poursuit sa démonstration de force en catégorie Camion avec une nouvelle victoire en 6h15'10. Le Néerlandais devance Noel Essers de 37 minutes 24 secondes et Mike Panhuijzen de plus d'une heure. Au classement général, Zuurmond conforte son avance colossale de 5 heures sur ses poursuivants.

Le pilote néerlandais attribue une partie de sa domination au choix technique d'une boîte automatique, unique sur l'épreuve, qui s'avère payant face à la concurrence équipée de transmissions manuelles.

En catégorie Historic, les 23 équipages ont affronté trois types d'exercices : régularité sportive, zone à temps imposé et navigation pure. Jorge Perez Companc sur Toyota HDJ 80 s'impose devant Axel Berrier sur Porsche 964 DKR et Alberto Herrero également sur Toyota HDJ 80.

Cap sur Dakhla et la journée de repos

Cette quatrième étape, particulièrement sélective et éprouvante tant pour les machines que pour les équipages, confirme le caractère exigeant de l'Africa Eco Race. La prochaine spéciale s'annonce décisive avec une navigation annoncée comme particulièrement complexe dans les confins du grand Sud marocain et ses vastes étendues planes de sable.

Les concurrents rejoindront ensuite Dakhla où les attend une journée de repos bien méritée. Cette pause stratégique permettra de remettre les compteurs à zéro, d'effectuer les réparations nécessaires sur des mécaniques intensément sollicitées, avant le basculement en Mauritanie pour la seconde moitié de ce rallye-raid mythique.

L'Africa Eco Race, créée en 2008, perpétue l'esprit des grands rallyes africains des années 80, offrant une aventure authentique des pistes marocaines jusqu'au mythique Lac Rose sénégalais, dans une démarche écoresponsable et solidaire.

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